Pour les personnes vivant avec un diabète de type 2, le suivi glycémique oscille souvent entre contrainte douloureuse et barrière financière. Reçu au micro de L’Œil de la E-santé, Luc Pierart, CEO de la start-up LipsTech, dévoile un dispositif médical connecté sous forme de stick à lèvres capable de mesurer le glucose dans la salive en quelques secondes.
Le diabète de type 2 représente 75 % de la population diabétique mondiale, formant la partie immergée d’un iceberg épidémiologique souvent qualifié de silencieux. Contrairement aux patients de type 1 dont le traitement par insuline impose des contrôles fréquents, les profils de type 2 ne recherchent pas un dosage d’insuline minute par minute, mais une régulation globale de leur glycémie et de leur taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c).
Pourtant, l’arsenal d’autosurveillance actuel confronte ces patients à une impasse : l’inconfort répété des piqûres au bout du doigt ou le coût élevé des capteurs en continu (environ 100 euros par mois sans remboursement). Résultat : un déficit d’observance massif. C’est précisément pour lever ce verrou que LipsTech a développé une alternative salivaire, connectée et réutilisable.
Un stick à lèvres connecté pour mesurer le glucose salivaire en 30 secondes
L’innovation conçue par LipsTech reprend le format compact et discret d’un stick à lèvres (« lipstick »). L’appareil intègre une mousse de prélèvement brevetée :
- Un prélèvement de 10 secondes : l’utilisateur applique l’embout en mousse sur sa lèvre inférieure pour collecter la salive.
- Une analyse en 30 secondes : en refermant le capuchon, la mousse s’écrase sur un capteur biochimique interne qui quantifie le niveau de glucose.
- Deux métriques clés : l’évaluation des pics glycémiques ponctuels et une estimation hebdomadaire de l’A1C (HbA1c), complétée par des conseils personnalisés pour ajuster son hygiène de vie.
Contrairement aux bandelettes ou tests salivaires jetables, la tête de mesure est réutilisable jusqu’à 60 fois avant le remplacement du consommable. L’appareil communique en direct avec une application mobile qui enregistre l’historique et suit l’évolution des marqueurs métaboliques, le tout pour un coût annoncé trois fois inférieur aux patchs actuels.
Prévention et dépistage : armer pharmaciens et infirmiers face au sous-diagnostic
Au-delà de la gestion quotidienne de la maladie, LipsTech cible un enjeu majeur de santé publique : le sous-diagnostic. À l’échelle internationale, environ un adulte sur trois souffre de diabète sans le savoir, une proportion qui grimpe à une personne sur deux chez les profils en surpoids.
En s’appuyant sur l’évolution des compétences des professionnels de proximité, la start-up adapte sa technologie aux officines et aux cabinets infirmiers :
- Réalisation d’un test salivaire d’orientation diagnostique en 10 secondes.
- Affichage instantané d’un résultat lisible par code couleur (vert, orange, rouge).
- Orientation immédiate vers un laboratoire de biologie médicale en cas d’alerte.
Sur le plan clinique, Luc Pierart souligne que les études menées sur leur technologie démontrent une précision de 98 % comparativement aux tests de référence.
Feuille de route : industrialisation en 2027 et certification médicale pour 2028
Après deux années de développement, LipsTech a achevé la phase de R&D ainsi que la validation de ses preuves cliniques. La start-up, qui s’appuie sur un portefeuille d’une dizaine de brevets, s’engage désormais dans la phase industrielle et réglementaire :
- 2027 : montée en puissance de l’industrialisation.
- 2028 : démarches de certification médicale (dossiers FDA aux États-Unis et marquage CE en Europe sous le statut de dispositif médical de diagnostic in vitro – DM-DIV classe IIb).
- Fin 2028 : mise sur le marché du dispositif.
Pour découvrir le fonctionnement de l’appareil en images, la démonstration du prototype et l’intégralité du retour d’expérience partagé par Luc Pierart, visionnez l’interview complète ci-dessus.