Lors du salon Tech4Health 2026, le Dr Pierre de Bremond d’Ars, médecin généraliste, a partagé son analyse sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le parcours de soin. Il observe une mutation profonde des comportements : les patients délaissent désormais les réseaux sociaux pour interroger des LLM (Large Language Models) tels que ChatGPT ou Claude avant leur rendez-vous médical.
Le « désamorçage » : un nouvel enjeu pour le praticien
Cette évolution impose une étape inédite lors de la consultation : le désamorçage. Les préconisations de ces outils, basées sur des modèles statistiques et non cliniques, sont rarement fiables. Le médecin doit alors réaliser un travail de pédagogie pour expliquer les limites technologiques et les biais algorithmiques, tout en préservant le lien de confiance avec son patient.
Toutefois, le Dr Pierre de Bremond d’Ars explique que l’IA offre aussi des perspectives concrètes pour optimiser la pratique médicale :
- Synthèse documentaire : Accès rapide à une revue de la littérature scientifique pertinente.
- Coordination ville-hôpital : Fluidification du parcours patient via des avis à distance et des listes de diffusion sécurisées.
- Scribing médical : Automatisation de la prise de notes pour détacher le médecin du clavier et le recentrer sur l’examen clinique.
Souveraineté et vulnérabilités du système
Le Dr Pierre de Bremond d’Ars souligne que l’adoption de ces outils doit s’accompagner d’une conscience aiguë de leurs vulnérabilités. Au-delà de la dépendance technique, il alerte sur l’impact écologique (consommation d’eau et d’énergie) et le risque d’accentuation de la fracture numérique. Pour les populations les plus précaires, une défaillance ou un accès limité à ces technologies pourrait constituer une barrière supplémentaire aux soins.