Le média vidéo
de la E-santé

Perte d’audition en EHPAD : le projet de recherche clinique mené par Emera et le CHU de Toulouse

La perte d’audition chez les personnes âgées en établissement est un facteur majeur d’isolement social et d’accélération de la démence. Pour évaluer scientifiquement de nouvelles réponses face aux limites de l’appareillage traditionnel, le groupe Emera et le CHU de Toulouse ont engagé une étude de recherche clinique novatrice en EHPAD. Le Dr Julie Ramette et Soumia Taoui présentent cette démarche co-construite avec les équipes soignantes et un patient expert.

Un enjeu gériatrique lié aux fragilités du vieillissement

Dans la prise en soin des résidents d’EHPAD, la surdité dépasse le simple cadre de la gêne relationnelle. Comme le rappelle le Dr Julie Ramette, directrice médicale du groupe Emera et médecin gériatre, ce trouble sensoriel altère directement la communication et la compréhension des informations dès l’admission. En limitant la stimulation cognitive et les échanges, la perte d’audition favorise le repli sur soi et constitue un facteur de risque bien identifié dans le développement des maladies neurocognitives, telles que la maladie d’Alzheimer ou les pathologies apparentées.

Cette problématique rejoint les priorités du programme ICOPE de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), axé sur le dépistage de la fragilité et le suivi des capacités sensorielles dans le vieillissement.

Un parcours d’appareillage classique confronté aux limites du terrain

Sur le terrain, la prise en charge classique de la surdité s’avère particulièrement complexe pour des résidents polypathologiques ou dépendants. Le parcours impose une identification initiale du trouble, un adressage par le médecin traitant ou le médecin coordonnateur vers un médecin spécialiste ORL, puis des rendez-vous chez un audioprothésiste.

Or, la réglementation interdit aux audioprothésistes de réaliser des prestations ou des réglages directement au sein des EHPAD. L’obligation d’organiser des déplacements extérieurs crée une logistique lourde pour les établissements et les familles. À cela s’ajoutent des contraintes d’usage récurrentes :

  • Un inconfort d’utilisation : les prothèses intra-auriculaires bouchent parfois les oreilles, entraînant un manque d’adhésion et un rejet du dispositif.
  • Un risque élevé de perte : en raison de leur petite taille, les appareils sont fréquemment égarés dans les draps, finissent à la blanchisserie ou restent remisés au fond d’un tiroir.

Une méthode d’évaluation rigoureuse : les « N-of-1 trials »

Afin de tester l’acceptabilité et l’efficacité de solutions d’amplification sonore alternatives, un projet de recherche clinique a été structuré par Soumia Taoui, doctorante en sciences sociales rattachée au laboratoire LERASS et au service ORL du CHU de Toulouse.

Cette étude repose sur une méthodologie spécifique : le design N-of-1 trial. Équivalent à des essais contrôlés randomisés appliqués à de petits groupes de résidents, ce protocole garantit une haute robustesse scientifique et des résultats de qualité.

L’expérimentation évalue et compare deux types de dispositifs auprès des participants :

  • Un amplificateur de son intra-auriculaire proche des prothèses auditives classiques.
  • Un casque d’amplification du son (la solution MySpokeo, lauréate du Concours Lépine 2025, utilisant une double conduction aérienne et osseuse).

Les évaluations sont réalisées dans des situations réelles de communication : entretiens individuels avec les professionnels de santé, animations collectives et moments de vie sociale.

Un partenariat transversal entre l’hôpital, l’EHPAD et le patient expert

Ce projet traduit une volonté partagée de décloisonner le secteur sanitaire et le secteur médico-social. L’initiative est née d’un constat dressé par le Pr Marx, chirurgien ORL au CHU de Toulouse, et de l’implication directe d’un patient expert malentendant. Cet acteur clé participe activement à la conception du protocole afin d’assurer la faisabilité et l’acceptabilité des tests sur le terrain.

Au sein du groupe Emera, l’expérimentation associe le Dr Julie Ramette, la directrice de l’innovation Sonia Velay et le Dr Chaleon, médecin coordonnateur. En parallèle de l’évaluation scientifique, le déploiement de casques amplificateurs au sein des établissements permet d’apporter une solution immédiate pour accompagner l’accueil des personnes malentendantes, faciliter les échanges avec les familles et favoriser l’inclusion des résidents aux activités.

Vidéos à la une

La perte d’audition chez les personnes âgées en établissement est un facteur majeur d’isolement social et d’accélération de la démence. Pour évaluer scientifiquement de nouvelles réponses face aux limites de l’appareillage traditionnel, le groupe Emera...

Comment permettre aux chirurgiens d’exploiter la valeur de leurs données médicales sans...

Aujourd’hui, la documentation administrative absorbe près d’un tiers du temps de travail...

Lors de SantExpo 2026, Vivalto Santé, premier groupe d’hospitalisation privée à obtenir...

Ne ratez aucune de nos publications en vous inscrivant gratuitement à notre newsletter hebdomadaire.

newsletter oeil de la esanté

Les plus vues ->

1