Dans ce nouveau numéro de notre rubrique Zoom de l’Innovation, Jérôme Leleu reçoit Alexandre Guenoun, Fondateur et CEO de Kiro, la première startup française à appliquer l’IA à la biologie médicale.
Décrypter les examens de biologie pour le patient et le praticien
Recevoir une prise de sang peut s’avérer complexe et anxiogène pour un patient : normes, astérisques, vocabulaire scientifique… Kiro s’attaque à ce défi en proposant une plateforme européenne capable d’analyser et de rendre intelligibles les résultats d’examens biologiques.
Pour Alexandre Guenoun, la prise en charge du patient et l’accompagnement des professionnels de santé sont les deux faces d’une même pièce :
- Pour le patient : rendre les résultats fluides, adaptés et personnalisés un parcours d’information spécifique selon qu’il s’agisse par exemple d’une femme enceinte ou d’un patient diabétique.
- Pour le professionnel de santé : un outil d’aide à la décision et à la prescription, pour cibler le bon examen, au bon moment, pour le bon patient.
« Un patient mieux informé, c’est un patient qui est mieux pris en charge aussi. (…) Mais effectivement, ça doit se faire avec l’accompagnement du professionnel de santé. » Alexandre Guenoun, Fondateur et CEO de Kiro
Le projet OptimaBio, un modèle de collaboration à l’échelle nationale
Avec 4 000 à 5 000 examens répertoriés dans les catalogues d’analyses des laboratoires, sélectionner les examens pertinents devient un enjeu de santé publique. La solution de recommandation d’examens de Kiro a été validée comme dispositif médical marqué CE en juin 2025, à l’issue d’une étude de performance qui a montré deux résultats distincts : le maintien de la spécificité du professionnel de santé, et une hausse de plus de 50 % de la sensibilité diagnostique. Sur le plan rétrospectif, l’étude a également estimé qu’environ 15 % des examens prescrits n’étaient pas pertinents.
C’est sur la base de ces résultats que Kiro a lancé, avec le soutien de l’État, le projet OptimaBio : un programme de 17 millions d’euros, soutenu par France 2030 et Bpifrance, fédérant l’AP-HM, le CHU de Limoges et les Hospices Civils de Lyon, trois établissements aux pratiques de prescription différentes, choisis justement pour cette diversité de terrain.