Lors de l’événement Impacts Santé 2026, le Pr Martine Gilard, professeure en cardiologie et administratrice de la Fondation Cœur et Recherche, a exposé les leviers pour corriger les biais de genre en médecine grâce aux technologies numérique.
Historiquement calquées sur des standards masculins, les recommandations cliniques négligent souvent les spécificités des femmes, qui représentent pourtant la moitié de la population mondiale. Pour y remédier, l’intelligence artificielle (IA) offre des perspectives concrètes en cardiologie. En analysant de manière transverse les données des grands registres de la Société Française de Cardiologie, notamment sur l’insuffisance cardiaque et le TAVI (Implantation percutanée d’une prothèse valvulaire aortique), l’IA s’affranchit des silos médicaux traditionnels pour prédire plus précisément les risques évolutifs des patientes.
Cependant, la performance de ces algorithmes dépend de la représentativité des données d’apprentissage. Le Pr Martine Gilard préconise deux solutions : instaurer des quotas stricts de femmes dans les essais randomisés ou mener des études cliniques exclusivement féminines. L’analyse de ces données standardisées par l’IA permettra enfin de valider des dosages thérapeutiques adaptés, évitant aux femmes des effets secondaires délétères.