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Médecin Malin : la newsletter pour comprendre l’IA et mieux l’utiliser dans sa pratique médicale au quotidien

Face à l’émergence rapide des outils d’intelligence artificielle et au manque d’acculturation des soignants, les Drs Julien Welmant et Sylvain Demontoy ont créé la newsletter « Médecin Malin ». Rencontrés lors du salon SantExpo, ces deux oncologues radiothérapeutes expliquent la genèse de leur démarche : former leurs confrères, sécuriser l’usage des données de santé et replacer les médecins au cœur des choix technologiques.

Le secteur hospitalier présente aujourd’hui un contraste frappant. D’un côté, les allées des salons spécialisés exposent des innovations spectaculaires comme des robots chirurgicaux ou des casques de réalité virtuelle. De l’autre, la réalité quotidienne des praticiens repose encore sur un parc informatique souvent vieillissant et peu renouvelé. C’est pour réduire cette fracture entre vitrine technologique et quotidien du terrain que le Dr Julien Welmant et le Dr Sylvain Demontoy ont lancé la newsletter « Médecin Malin ».

D’un constat de terrain à la naissance de Médecin Malin

Confrontés à l’intelligence artificielle depuis trois ans à travers le test de prototypes et de cas d’usage, les deux oncologues radiothérapeutes de l’Institut Régional du Cancer de Montpellier (ICM) ont identifié une carence majeure : le manque d’acculturation des soignants face aux outils numériques émergents.

La newsletter « Médecin Malin » s’est donc donnée pour mission de proposer un accompagnement pensé par des médecins, pour des médecins. L’ambition est de décoder l’écosystème de l’IA sans jargon inutile pour permettre à chaque praticien de comprendre ces technologies et de mieux les intégrer dans sa pratique médicale au quotidien.

Des cas d’usage concrets pour simplifier la pratique médicale

L’apprentissage de l’IA en santé ne doit pas rester théorique. La newsletter aborde des sujets directement applicables au quotidien des soignants :

  • Comprendre les grands modèles de langage (LLM) : appréhender le fonctionnement des outils pour choisir le modèle le plus adapté à chaque besoin.
  • Optimiser les tâches chronophages : exploiter l’IA pour la veille scientifique, la gestion bibliographique ou la réponse à des courriels administratifs.
  • Faire évoluer la relation médecin-patient : adopter la bonne posture lorsqu’un patient se présente en consultation muni d’un pré-diagnostic réalisé par une IA.

Sécurité des données : le cadre strict HDS et RGPD

L’intégration de l’IA dans la pratique médicale ne peut s’affranchir du respect de la confidentialité des patients. Le Dr Sylvain Demontoy rappelle qu’il est formellement interdit de saisir des données identifiantes de patients dans des outils grand public, y compris via des abonnements payants, sous peine de sanctions de la CNIL.

L’utilisation d’IA appliquées à des données médicales exige des infrastructures certifiées HDS (Hébergement de Données de Santé) ou qualifiées SecNumCloud, ainsi qu’un cadre contractuel formel. L’anonymisation pose elle-même des défis : pour une maladie rare associée à une localisation géographique, le risque de re-identification reste important. La recommandation pour les soignants est donc de débuter par des cas d’usage sans données sensibles et de s’appuyer sur les DSI de leurs établissements pour tout projet clinique.

Impliquer les soignants dans l’avenir de la santé numérique

Pour les fondateurs de Médecin Malin, le débat ne porte plus sur l’opportunité d’adopter l’IA, le marché ayant déjà tranché, mais sur la méthode pour la déployer à l’échelle. Constatant la faible présence des praticiens dans les instances de décision technologique, ils appellent leurs confrères à s’investir activement. L’objectif est d’éviter que la médecine de demain ne s’élabore sans les professionnels de santé, et de co-construire avec les éditeurs des solutions adaptées aux besoins réels du terrain.

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