Lors de la 4ème édition du CHU HealthTech Connexion Day à Bordeaux, Franck Mouthon, Directeur Exécutif de l’Agence de Programmes pour la Recherche en Santé de l’Inserm, a souligné l’évolution radicale des modèles de recherche clinique. L’enjeu majeur réside désormais dans l’hybridation des données pour accélérer l’innovation médicale.
La fin des silos : une recherche intégrée et circulaire
L’innovation en santé ne suit plus un schéma linéaire allant du laboratoire au lit du patient. Franck Mouthon prône une coopération permanente entre les organismes nationaux de recherche (comme l’Inserm), les universités et les CHU.
Cette synergie repose sur l’assemblage de plusieurs types de données, notamment les données structurées issues des cohortes et des essais cliniques, et les données de vie réelle générées lors du soin quotidien. L’objectif est de créer un flux circulaire où les données de soin nourrissent la compréhension biologique et la définition de nouveaux modèles de pathologies.
L’impact territorial et la prévention de précision
Le recours à la science des données trouve des applications concrètes dans le pilotage des politiques publiques de santé. À Bordeaux, des méthodologies avancées ont été développées pour optimiser les parcours de soins de pathologies critiques comme l’infarctus du myocarde ou l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral).
Le déploiement de l’IA générative marque une rupture doctrinale. En analysant l’historique de consommation de soins, ces technologies permettent de prédire des risques pathologiques à un horizon de 10 à 20 ans. Cette approche transforme la médecine populationnelle en une prévention de précision individuelle.
Pour réussir cette transformation, ce professionnel de l’Inserm rappelle que la confiance du citoyen est impérative, notamment dans le cadre de l’Espace Européen des Données de Santé, afin de garantir une valorisation éthique et souveraine des données.